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LE BON BRIEF | Episode 2 - Les red flags d'un brief qui va mal tourner

Après plus de 10 ans d'illustration commerciale comme freelance, j'ai collaboré avec des startups, des grandes entreprises, des studios allemands, néerlandais, espagnols, des agences françaises. Cette expérience m'a appris une chose essentielle : la qualité du brief détermine la qualité du résultat final.

Dans cette série en trois épisodes, je vous livre ma recette pour construire un brief "aux petits oignons". Nous allons voir comment mijoter un brief efficace, et comment un robot multifonction peut tout gâcher.

Au menu de cette série :

Épisode 1 : Brief parfait vs brief raté : le grand écart créatif
Épisode 2 : Les red flags d'un brief qui va mal tourner
Épisode 3 : La recette d'un brief parfait


Dans ma pratique, tout commence par deux questions fondamentales que le client doit se poser :

  • À qui l'entreprise/la marque s'adresse-t-elle ?
  • Quel est le message qu'elle veut faire passer ?

Savoir à qui s'adressent les illustrations me permet d'ajuster mes propositions. Le ton, le style, le niveau de détail, les références culturelles... tout dépend de l'audience visée. Un visuel destiné à des décideurs en entreprise ne se conçoit pas comme un visuel pour le grand public ou pour des adolescents.

Ces questions peuvent paraître évidentes, mais elles sont parfois éludées. Par moment le client sait qu'il veut "quelque chose de moderne" ou "qui fait professionnel", mais il n'a pas cerné son audience ni son message précis.

Le studio allemand évoqué dans l’épisode #1 avait répondu à ces questions avant même notre premier échange. Rien à signaler.

Le brief IA, réalisé par une grande entreprise française, proposait quant à lui des solutions visuelles sans avoir défini le problème ou le but de la communication. Un exemple concret : quand j'ai demandé à qui les messages étaient destinés, on m'a répondu avec la liste des supports et formats : "Ce sera pour des animations et des plaquettes print." Rien à voir avec des destinataires humains identifiés. Cette confusion entre le "comment" (les supports) et le "qui" (l'audience) est révélatrice d'une réflexion incomplète.

Quelques signaux d'alarme à repérer...

Mon expérience m'a appris à identifier certains red flags qui annoncent une collaboration compliquée :

1. Le brief d'agence sans client identifié "On ne peut pas vous dire pour qui c'est, mais on veut un devis pour une mascotte." Difficile de se projeter...

2. L'esquive budgétaire "On n'a pas de budget précis" suivi de "c'est trop cher" quelques jours plus tard. Cette approche coupe net toute discussion constructive.

3. Les images IA sans intention Quand un client utilise l'intelligence artificielle pour générer des visuels avant d'avoir clarifié ses idées, j'y vois le signe d'une réflexion qui n'a pas eu le temps de mûrir. Peut-être des contraintes de planning, peut-être une confusion entre visualiser et conceptualiser, c’est la fin des 🫘 haricots. 

4. L'absence de charte graphique/moodboard "Faites comme vous sentez" cache quelquefois un manque de vision stratégique qui se révélera problématique en phase de validation.

Heureusement, j’ai défini une méthode pour créer des briefs qui fonctionnent. Dans le prochain épisode, je vous partage les ingrédients indispensables d'un bon brief et comment bien utiliser l'IA dans le processus créatif.